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La guerre des Gaules

Romains contre Gaulois : les forces en présence

L’affrontement entre les deux armées à Gergovie au printemps 52 avant J.-C. ne reflète pas un choc des civilisations. En effet, bien avant la conquête romaine militaire, les marchands romains ont développés de nombreux liens commerciaux en Gaule. De même, l’essor de la consommation de vin romain en Gaule, à une époque où les Gaulois ne cultivent pas encore la vigne, et la présence d’objets tels que les lampes à huile, stylets et autres bijoux, témoignent des contacts entretenus avec Rome et la romanisation précoce des aristocrates celtes. Ainsi, les Romains ne sont pas tout à fait inconnus en arrivant dans les territoires gaulois encore non conquis par Rome.

D’ailleurs, la proximité entre ces différents peuples se dévoile dans l’armement des troupes lors de la guerre des Gaules. Les guerriers aristocrates gaulois n’ont en effet rien à envier aux légionnaires romains. Durant les combats, les deux sont pourvus de protections corporelles -casque, cotte de maille, bouclier – et chacun peut attaquer à l’aide d’une lance/javelot (appelé pilum pour les Romains) et d’une épée ou glaive. Seule l’artillerie lourde et l’organisation des troupes distinguent les Romains des Gaulois. Jules César peut en effet compter sur des balistes et scorpio – sorte de grandes arbalètes – en plus de ses six légions, soit entre 20 000 et 30 000 soldats de métiers lourdement équipés. Face à eux, le nombre de combattants de l’armée de Vercingétorix est inconnu. Nous savons néanmoins que ses troupes associent des professionnels de la guerre – des cavaliers et fantassins lourds issus de l’aristocratie gauloise – et des combattants occasionnels qui constituent l’essentiel du contingent.

Ainsi, les deux armées se connaissent, tout comme leur chef respectif…

Chronologie de la conquête

58 avant J.-C.

Début de la guerre de conquête des Gaules par César

En 58 avant J.-C., Jules César est nommé proconsul – autrement dit, gouverneur – de la Gaule Transalpine, une des provinces romaines, et est doté de plusieurs troupes armées, les légions. Cette même année, les Éduens, peuple gaulois allié des Romains occupant l’actuelle Bourgogne, sont soumis à la pression de peuples Celtes venus de l’est. César utilise le prétexte de l’aide à apporter aux Éduens pour légitimer sa première entrée en Gaule indépendante. Il remporte ses premières victoires dans l’est de la Gaule.

57-53 avant J.-C.

L’emprise romaine se resserre sur le territoire celte

Durant 4 ans, César porte davantage ses légions vers le nord et l’ouest du territoire gaulois. Ces campagnes annuelles, qui se déroulent de mars à novembre, sont décrites par le général romain comme victorieuses pour ses légions, que ce soit en Gaule Belgique, en Aquitaine, au-delà du Rhin contre les Germains ou en Armorique voire outre-Manche. Néanmoins, la conquête ne se déroule pas aussi facilement et plusieurs soulèvements gaulois viennent entacher la marche romaine. L’un des plus célèbre est celui des Eburons d’Ambiorix qui, en 54 avant J.-C., prirent en embuscade la XIIIe légion de César à Aduatuca, à proximité de l’actuelle Liège (Belgique). Ces insurrections se multiplient au fur et à mesure des avancées romaines et des restrictions et punitions imposées aux peuples gaulois soumis.

52 avant J.-C.

Une année charnière pour la révolte gauloise

Cette année marque un tournant dans la guerre avec la création d’une alliance gauloise dans le centre de la Gaule. À Cenabum (Orléans), les Carnutes se soulèvent. Au même moment, Vercingétorix prend le pouvoir chez les Arvernes et prend la tête d’une coalition d’une vingtaine de peuples gaulois. L’action militaire se porte alors vers le centre : César reprend Cenabum et, à la suite d’un siège difficile, se rend maître d’Avaricum (Bourges), chef-lieu des Bituriges. Face à cette remontée en force des Romains, Vercingétorix met en œuvre la tactique de la terre brûlée et applique une stratégie de harcèlement. Après plusieurs semaines de cette tactique, Vercingétorix, conscient de la supériorité romaine en rase campagne, se replie à Gergovie avec son armée, talonné par César et ses légions. À l’issue de la bataille, le chef arverne remporte une première victoire et fait reculer César qui se replie plus au nord.

L’ensemble de la Gaule se soulève alors et confère le commandement suprême des armées gauloises à Vercingétorix. Mais l’espoir est de courte durée et, à l’automne 52 avant J.-C., Vercingétorix fait l’erreur de s’enfermer dans l’oppidum d’Alésia. Malgré ses 300 000 combattants, le leader gaulois ne réussit pas à surpasser le dispositif de siège romain et la stratégie de César. Après plusieurs semaines, la ville tombe et Vercingétorix se rend, et sonne le glas de l’indépendance gauloise.

51 avant J.-C.

Les derniers soubresauts de résistance avant la conquête définitive

L’année 51 avant J.-C. est marquée par des soulèvements épars dans le centre, le nord, l’est et l’ouest de la Gaule. Ils sont tour à tour défaits par les légions romaines et tous les peuples gaulois se soumettent. Enfin, le siège d’Uxellodunum, en pays cadurque (dans le Quercy actuel), marque le dernier épisode de la guerre : la Gaule est désormais considérée comme conquise.