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Un site naturel d’exception

Un plateau remarquable

Gergovie et ses volcans

Avant d’être un plateau comme nous le connaissons aujourd’hui, Gergovie était composé non pas d’un, mais d’une superposition de quatre volcans très anciens. Pour mieux comprendre cette formation exceptionnelle, il faut retourner dans un passé lointain. Il y a 35 millions d’années, la plaine de Limagne est envahie par des lacs qui apportent des dépôts sédimentaires. 10 millions d’années plus tard, ces lacs disparaissent et le site conserve la couche de sédiment.

C’est à ce moment que débute une phase d’éruptions volcaniques très intense dans toute la plaine. Il s’agit principalement d’éruptions phréatomagmatiques qui se produisent lorsque le magma, en remontant à la surface, rencontre l’eau des anciens lacs. Ces explosions forment des maars, c’est-à-dire des cratères qui se remplissent généralement d’eau et forment ainsi des lacs, comme c’est le cas pour le Lac Pavin. Pour Gergovie, en l’espace de 5 millions d’années, trois maars se forment les uns à côtés des autres et se chargent de profonds dépôts.

Enfin, il y a 16 millions d’années, un volcan entre en éruption à l’ouest de Gergovie et sa coulée de lave vient recouvrir en partie les cratères des deux maars et d’une partie du troisième. En refroidissant, la lave se transforme en une dalle basaltique de plus de 20 mètres de haut. Ce bouclier basaltique va protéger le site contre la dynamique érosive provoquée par la phase finale de la formation des Alpes qui entraîne une remontée en altitude du socle. Tout ce qui se trouve protégé par la dalle va résister à l’érosion, tandis que tout ce qui se trouve autour va finir par disparaître. Il s’agit d’une inversion de relief.

La formation des paysages et la géologie d’Auvergne

La formation du plateau de Gergovie est liée à la faille de la Limagne. Ce relief, présent depuis plus de 35 millions d’années, s’est formé à partir de la naissance des Alpes. En effet, à cette période, la plaque tectonique Eurasienne et la plaque Africaine se rapprochent jusqu’à entrer en collision, formant alors la chaine des Alpes. Ce mouvement étire la croute terrestre et provoque par endroit des fractures, comme la faille de la Limagne, et des effondrements, générant dans le même temps divers types de volcanisme.

Le plateau de Gergovie nait ainsi de l’intense activité volcanique de la Limagne et de la Comté d’Auvergne entre 24 et 12 millions d’années. Dans ce secteur, près de trois cents volcans se sont formés, dont les cratères ont ensuite été comblés par des coulées de lave provenant de cônes de scories (empilement de fragments de roches magmatiques éjectés par une éruption volcanique) voisins. Peu à peu, les cratères ont perdu leur bouclier basaltique, ne laissant subsister que de magnifiques plateaux basaltiques qui dominent la plaine de l’Allier.

Un belvédère sur l’Auvergne

Un site entouré par la chaîne puys-Limagne

La forme actuelle du plateau de Gergovie s’explique donc par un façonnage qui a duré des millions d’années et qui a engendré la morphologie du paysage d’Auvergne, visible depuis le belvédère :

  • à l’est, les hauts plateaux du Forez et du Livradois ;
  • à l’ouest, les dômes de la Chaîne des puys, soit l’ensemble volcanique le plus jeune de France métropolitaine (apparu entre 100 000 ans et 6700 ans), dont le point culminant est le Puy de Dôme avec une altitude de 1465 m ;
  • au sud-ouest, le massif des Monts Dore avec le Puy de Sancy, point culminant du Massif Central à 1886 m ;
  • au sud, le plateau du Cézallier ;
  • et bien entendu une grande partie des édifices volcaniques desquels la Limagne des Buttes tire son nom.

Un site célèbre

Parmi la succession de belvédères panoramiques aux silhouettes remarquables autour de Clermont-Ferrand, le Plateau de Gergovie a été ainsi décrit par Prosper Mérimée :

Les antiquaires ont beaucoup écrit sur la position de Gergovie, cette ville des Arvernes qui eut la gloire de résister à Jules César. La montagne de Gergovie, aplatie à son sommet, figure à peu près un parallélogramme […]. Très escarpé de tous côtés, il est absolument inaccessible à l’ouest et au nord, mais au sud, ses pentes sont un peu moins raides, et sur ce point elles ressemblent à un immense escalier en raison de plusieurs bandes de terrain horizontal, qui les interrompent en formant des espèces de gradins ou de paliers plus ou moins larges.

Prosper Mérimée

Dès 1861, le plateau a fait l’objet de fouilles commanditées par Napoléon III qui, lancé dans l’écriture d’une histoire de Jules César, s’intéressait aux sites mentionnés dans la Guerre des Gaules. A l’extrême est de l’éperon, où fut élevé en 1903 un monument à la gloire de Vercingétorix, un belvédère ouvre le regard sur le site de la bataille de Gergovie.

Un espace naturel riche

Entre faune et flore

Si le plateau de Gergovie est un site géologique remarquable, il s’agit également d’un espace naturel riche en biodiversité. D’ailleurs, le flanc est du plateau est classé en tant que site Natura 2000 et comprend l’espace du Puy Mardou jusqu’au village de Gergovie, en contrebas du plateau. Une flore très diverse est ainsi protégée, avec près de 300 espèces de plantes, qu’il s’agisse de fleurs (Euphorbe, Hellébore fétide, Gaillet jaune, Orchidées…), d’arbres (Aubépine, Chèvrefeuille, Frêne…), ou de pelouses sèches caractéristiques (les xériques). Parmi ces plantes, 111 espèces de papillons ont été répertoriées, dont le Saturnia pyri, plus communément appelé Grand paon de nuit, connu pour être le plus grand papillon d’Europe. De nombreux oiseaux viennent également visiter le plateau de Gergovie ou y nicher, notamment le busard, le milan noir, le faucon crécerelle et des passereaux. Le site accueille enfin quelques rongeurs, reptiles et d’autres plus gros mammifères comme les renards ou sangliers.

Source : Association du site de Gergovie