Un site naturel d’exception

Un belvédère sur l’Auvergne

Avant d’être un plateau, Gergovie était composé de volcans !

Il y a environ 20 millions d’années, un volcanisme fortement explosif dû à la rencontre du magma et de l’eau donne naissance à des roches originales, les pépérites. A Gergovie, ce sont plusieurs volcans pépéritiques qui se forment en se recoupant. Les cratères, ou maars, deviennent un lac qui s’assèche en se comblant de sédiments qui seront ensuite recouvert par une coulée de lave. Ce bouclier basaltique va les protéger contre la dynamique érosive.

La formation des paysages du plateau

Quelques millions d’années plus tard, ce phénomène d’érosion différentielle va engendrer la morphologie du plateau actuel, dominant le magnifique paysage d’Auvergne :

  • à l’est, les hauts plateaux du Forez et du Livradois ;
  • à l’ouest, les dômes de la chaîne des Puys ;
  • au sud ouest, le massif du Sancy ;
  • au sud, le plateau du Cézallier ;
  • et bien entendu une grande partie des édifices volcaniques desquels la Limagne des Buttes tire son nom.
Plateau de Gergovie
Le Plateau de Gergovie

Le plateau de Gergovie, historiquement célèbre

Parmi la succession de belvédères panoramiques aux silhouettes remarquables autour de Clermont-Ferrand, le Plateau de Gergovie a été ainsi décrit par Prosper Mérimée :

Les antiquaires ont beaucoup écrit sur la position de Gergovie, cette ville des Arvernes qui eut la gloire de résister à Jules César. La montagne de Gergovie, aplatie à son sommet, figure à peu près un parallélogramme […]. Très escarpé de tous côtés, il est absolument inaccessible à l’ouest et au nord, mais au sud, ses pentes sont un peu moins raides, et sur ce point elles ressemblent à un immense escalier en raison de plusieurs bandes de terrain horizontal, qui les interrompent en formant des espèces de gradins ou de paliers plus ou moins larges.

Prosper Mérimée

Dès 1861, le plateau a fait l’objet de fouilles commanditées par Napoléon III qui, lancé dans l’écriture d’une histoire de Jules César, s’intéressait aux sites mentionnés dans la Guerre des Gaules. A l’extrême est de l’éperon, où fut élevé en 1903 un monument à la gloire de Vercingétorix, un belvédère ouvre le regard sur le site de la bataille de Gergovie.

Une géologie singulière

La morphologie particulière des puys de Gergovie et de Corent, tables basaltiques aux abords abrupts, et leur perception dans le paysage depuis des points de vue comme celui du belvédère de la Vierge de Monton, sur la commune de Monton, sont spectaculaires. La forme actuelle de ces deux plateaux s’explique par un façonnage qui a duré des millions d’années.

Les grandes phases géologiques

L’Auvergne a été marquée par des phases importantes qui ont eu lieu lors des grandes périodes de l’histoire géologique. Au début, le Massif Central constitue une partie du socle montagneux hercynien (période géologique) de l’Europe à l’ère primaire (550-245 millions d’années) résultant de la collision de l’Europe et de l’Afrique. Ensuite, le soubassement granitique de l’Auvergne s’érode au cours de l’ère secondaire (245-65 Ma). Puis, au tertiaire (65-1,8 Ma), la formation des Alpes provoque des failles dans le socle hercynien, qui se fracture par endroits et ouvre plusieurs failles, générant divers types de volcanisme.

Source : Gergovie et le pays arverne, éditions du patrimoine.

La formation des volcans et des paysages

Le secteur de la faille de Limagne a connu une intense activité volcanique entre 25 et 15 Ma. Près de trois cents volcans s’y sont formés, dont les cratères ont ensuite été comblés par des coulées de lave provenant de cônes de scories (empilement de fragments de roches magmatiques éjectés par une éruption volcanique) voisins. Peu à peu, les cratères ont perdu leur bouclier basaltique, ne laissant subsister que de magnifiques plateaux basaltiques qui dominent la plaine de l’Allier, comme Gergovie et Corent. Cette faille est enfin un bassin complexe où s’installeront plus tard, sur des sédiments marno-calcaires (alternances régulières de deux roches : des marnes et des calcaires) d’origine marine et lacustre (provenant de lacs), les fermes et les agglomérations protohistoriques.

Un lieu mythique

La bataille de Gergovie (-52 av. J.-C.), se déroula au cœur de ce territoire où se lisent encore les dispositifs du siège. Le sol recèle les vestiges des fossés reliant le grand camp au petit camp de César et les voies gauloises qui traversent ces espaces. Les recherches dans le Val d’Allier amont « ont mis en évidence plusieurs axes de communication dont un axe d’orientation nord-sud, qui traverse ce site de plaine fortifié […], et une seconde voie, d’orientation est-ouest avec mise en relation avec les camps césariens, aux abords immédiats de l’oppidum de Gondole ». La mise en valeur de l’ensemble des entités, y compris de l’espace central traversé à l’époque laténienne par les voies entre les oppida et par les fossés césariens, devient ainsi l’un des enjeux majeurs pour une médiation efficace de la bataille, avec l’évocation possible du théâtre des opérations de la guerre des Gaules.

Bataille de gergovie

En savoir plus sur l’histoire de Gergovie.